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Vie spirituelle

Avoir peur de la mort, est-ce normal ?

Avoir peur de la mort, est-ce une simple question de foi ?


Dans le film Apollo 13 qui relate l'une des missions Apollo de la Nasa, l'angoisse est maximale. Perdus dans les astres, loin de la terre, avec comme seul contact les liaisons radios, trois astronautes, suite à un incident technique, vont lutter contre la mort qui semble inéluctable. Après plusieurs jours d'angoisse, quelle joie, quel soulagement de voir ces trois hommes sortir indemne de cette épreuve.

Rien de plus normal que d'avoir peur de la mort !


L'expression de ces peurs peut emprunter différentes voies : la peur de l'inconnu, la peur de quitter les siens, la peur de souffrir... Si nous avons peur de la mort, c'est parce que tout en nous aspire à la vie. D'ailleurs, il est frappant de voir avec quelle énergie, l'homme se défend contre la mort, jusque dans les derniers instants.
Il y a une autre peur de la mort, plus pernicieuse, ennemie de l'espérance.
Aujourd'hui, par exemple, il est devenu difficile de parler de la mort car la société du bien-être a tendance à occulter cette réalité dont la seule pensée procure de l'angoisse. Plus une société construit un monde sans Dieu, plus est forte l'angoisse de la mort qu'on essaie, sans résultat, d'aseptiser. Sur le plan personnel, cela peut se traduire soit par la fuite en avant vers des paradis artificiels (argent, drogue, vie mondaine, etc.), soit par le désespoir à tel point qu'on arrive parfois à croire que maîtriser sa mort en en choisissant soi-même le moment est un acte de liberté humaine.

Faut-il rappeler ici que le suicide est la première cause de décès chez les jeunes de 25 à 34 ans en France.

"Qui peut, en s'en inquiétant, nous dit Jésus, ajouter une coudée à la longueur de sa vie ... ? " La peur de la mort, si elle est normale, ne doit pas conduire à la peur de la vie qui manifeste aussi de manière paradoxale l'importance du sens de notre vie.

Jésus nous a donné une assurance : celle d'accéder à l'éternité. Quelques jours avant sa mort, la petite sainte de Lisieux, Thérèse de l'Enfant Jésus, disait à ses sœurs : " Comment voulez-vous qu'on sache, un jour, tout quitter pour entrer dans la lumière de Dieu si l'on n'a pas été capable de quitter, chaque jour, une petite chose de rien du tout - fermer son livre ou lâcher son tricot – pour entrer dans la présence de Dieu ... ? "

" Lorsqu'une personne meurt, elle ne fait que retourner à la maison de Dieu, là où nous devons tous aller. C'est beau la mort quand on sait que c'est un retour à la maison. " Mère Teresa

Ce que nous dit la Bible



" Frères, nous ne voulons pas que vous restiez dans l'ignorance au sujet de ceux qui se sont
endormis ; vous ne pouvez pas vous affliger comme font les autres qui n'ont pas d'espérance. Ne
croyez-vous pas que Jésus est mort et ressuscité ... De même, Dieu fera que Jésus prenne avec lui
ceux qui se sont endormis. " Lettre de saint Paul aux Thessalonissiens, ch 4, v.13.14.

Par Hervé-Marie Catta, membre de la communauté de l'Emmanuel.

Les évangiles et l'histoire ?

Le Da Vinci Code de Dan Brown pose une question essentielle : les 4 évangiles de la Bible sont-ils dignes de foi. Aujourd'hui : Les évangiles confrontés à l'histoire. La question sous-jacente à la véracité des évangiles est la suivante :

les Evangiles sont-ils une invention de l'Eglise ? Dan Brown pense que oui. Examinons la question !S'il est démontré que le Jésus des Evangiles est le même que le Jésus de l'Eglise, il faut prouver alors que les Evangiles correspondent à une réalité historique, et que ces textes n'ont pas été inventés.

A cette question importante, on répondra d'abord par la confirmation de l'historicité de Jésus et de ses premiers disciples par les écrivains de l'époque :

Le témoignage des anciens historiens romains

Historiquement, Jésus est assez bien situé par les historiens et écrivains extérieurs à l'Eglise, dans les tous premiers siècles, que ce soit les historiens romains, juifs, ou autres écrivains de l'époque :

? En l'an 112, Pline le Jeune écrit dans une lettre à l'Empereur romain TRAJAN, en parlant des Chrétiens : « Toute leur faute ou toute leur erreur, ont-ils confessé, s'était bornée à se réunir habituellement à date fixe, avant le lever du jour, et à chanter entre-eux un hymne à Christ comme à un Dieu. »

? Vers l'an 116, le fameux historien romain Tacite rapporte dans ses Annales que Néron, Empereur romain, accusé d'avoir lui-même incendié Rome en 64, accusa les Chrétiens : « Néron supposa des coupables et infligea des tourments raffinés à ceux que leurs abominations faisaient détester et que la foule appelait Chrétiens. »

? Suetone, un autre historien romain, vers l'an 12O, dans la Vie des douze Césars, fait d'un certain Chrestus l'instigateur de troubles chez les Juifs à Rome en 49, sous CLAUDE qui les expulsa.
Or justement, le livre des Actes des Apôtres - livre qui complète l'Evangile de Saint Luc dans le Nouveau Testament - fait une allusion directe à cette expulsion lors de l'arrivée de Saint Paul à Corinthe (Actes 18,2) (Aquila et Priscille).

? Le témoignage de Flavius Josèphe est le plus étonnant. Il a écrit en grec vers 93 l'histoire très précise de la destruction du Temple (environ en 70). Il est bien placé puisqu'il a participé à la révolte juive. Dans cette histoire il rapporte la mise à mort de l'apôtre Jacques, puis il parle du Christ : « En ce temps là, vivait un sage nommé Jésus. Il se conduisait bien et était estimé pour sa vertu. Nombreux furent ceux tant Juifs que gens d'autres nations qui devinrent ses disciples. Pilate le condamna à être crucifié et à mourir. Mais ceux qui étaient devenus ses disciples ne cessèrent de suivre son enseignement. Ils racontèrent qu'il leur était apparu trois jours après sa crucifixion et qu'il était vivant. Sans doute était-il le Messie sur qui les prophètes ont raconté tant de merveilles. »

Tous ensemble, ces témoignages écrits par des gens proches des événements sont suffisants pour attester l'existence historique de Jésus, son influence et sa notoriété. Bien sûr ils sont peu explicites sur les détails. Mais que savons-nous nous de plus de tant de personnages importants de l'époque dont l'histoire a retenu les noms ? Le plus souvent, pas grand chose.



La réalité historique des Evangiles confirmée par l'archéologie

Les Évangiles nous disent énormément de choses concrètes sur Jésus. Même s'ils n'ont pas pour but, à proprement parler, de raconter l'histoire au jour le jour et la description journalistique comme on aimerait le faire aujourd'hui. Ils sont cependant beaucoup plus précis qu'on ne l'a cru longtemps. Ils sont notamment pleins de détails sur les villes et villages du temps, sur les façons de vivre, de parler, sur les personnages officiels. L'histoire et l'archéologie confirment que tous ces éléments sont exacts, véridiques.
De plus, certains détails n'ont pas pu être inventés ou écrits tardivement parce que certaines institutions, certaines pratiques avaient changé peu de temps après la mort de Jésus, en l'an 70 notamment, l'année de la destruction de Jérusalem. 1 900 ans après les faits, on découvre que ce sont les Évangiles qui avaient raison contre ce que longtemps des historiens ont cru erroné dans certains passages de l'Évangile : ainsi, dans l'Évangile de saint Jean, réputé plus spirituel et moins précis, plus détaché des temps et des lieux, on a trouvé vingt noms de localités précises de plus que dans les trois autres évangélistes. Un certain nombre de ces localités ont pu être identifiées, alors qu'elles avaient disparu. Les historiens n'en ont retrouvé l'existence que récemment.

L'énigme de Nazareth

De même certains se sont demandés un moment si la localité de Nazareth n'avait pas été inventée par les Évangiles. Pourquoi ? parce que l'Ancien Testament et les anciens commentaires hébraïques ne parlent pas de Nazareth. Des journalistes en on fait tout un roman. Mais à la vérité, en 1962 déjà, une équipe d'archéologues israéliens dirigés par le professeur Avi Jonah a trouvé dans les ruines de Césarée Maritime une plaque gravée en hébreu datant du 3e siècle après Jésus-Christ portant le nom du village de Nazareth.

Il s'agit d'une liste de familles rabbiniques réfugiées dans des villes de tradition juive après la seconde destruction de Jérusalem. Quant aux fouilles opérées à Nazareth elles montrent une occupation très ancienne du site (7e siècle av. J C) mais aussi de nombreuses habitations creusées dans le roc, des silos et des tombeaux datant d'avant l'occupation romaine (1er siècle av. J C) à un niveau inférieur à une voie romaine. Nazareth était alors un petit village agricole. Toutes les théories échafaudées affirmant que les évangélistes auraient inventé la cité de Nazareth, parce que ce mot aurait une portée symbolique, tombent à l'eau.

Deux autres exemples

Autre exemple. On a retrouvé à Jérusalem la « piscine aux cinq portiques », la piscine de Bethesda, près de la porte des Brebis, alors que les critiques pensaient que c'était une description mythique.

Quant à Pilate lui-même, le Préfet Romain qui a condamné Jésus à mort et dont on n'avait pas retrouvé trace, pendant dix huit siècles des archéologues Italiens ont retrouvé, en 1961 également dans les ruines de Césarée maritime, son nom gravé sur une pierre avec sa fonction précise : « prefectus. » Ce titre du gouverneur devait changer dans la seconde moitié du 1ers. Ap. J C et devenir “ Procurateur ”, titre que Tacite donne par erreur à Pilate.

Conclusion

La description des lieux, des monuments, des responsables politiques et religieux par les Evangiles, est très importante : en effet après l'année 70 et l'écrasement de la révolte juive par Titus beaucoup de ces choses disparaissent ou sont définitivement modifiées. Ceux qui ont été capables de les décrire telles qu'elles étaient auparavant sont de bons témoins : ils nous disent la vie en Palestine telle qu'ils l'ont vécue avant l'année soixante-dix. Dès lors, cet état de fait est un argument solide en faveur de la fiabilité des Evangiles.
D'après un article www.pasaj.ch

Qui est l'Esprit Saint ?

L'Esprit Saint un grand inconnu ? Un fantôme ? Le Saint-Esprit quelque chose de nébuleux sans grande importance ou inaccessible ? Découverte de quelqu'un qui nous est très proche !
« Nous tous, qui le visage dévoilé, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l'Esprit. » (2 Cor. 3:18). Mais qui est-il cet Esprit ?
Nombreux sont ceux qui se sentent mal à l'aise lorsqu'on parle de l'Esprit Saint (ou du Saint-Esprit) :
? Pour certains, l'Esprit Saint est une force, une force divine, englobant tout et déterminant le cours des événements humains.
? D'autres conçoivent l'Esprit Saint non comme une force impersonnelle mais comme une personne, un agent envoyé par Dieu pour accomplir sa volonté, en quelque sorte un des anges principaux.
? Pour d'autres encore, l'Esprit est simplement un autre nom du seul vrai Dieu, un nom qui souligne sa nature invisible.
En réalité, ces différentes façons de parler de l'Esprit Saint sont inexactes et enferme l'Esprit Saint dans nos propres pensées alors que le Saint-Esprit souffle où il veut.

Un peu d'exégèse

Le mot hébreu qui désigne l'Esprit Saint dans la Bible est rouâch, en grec pneuma, qui signifie très concrètement le souffle, ce qui est insufflé dans les poumons. Il ne s'agit donc pas, comme la traduction française (Saint-Esprit) ou anglaise (Holy Ghost) pourraient le laisser entendre, d'un fantôme ou d'un esprit immatériel.

Dans le livre de la Genèse, c'est l'esprit de Dieu qui plane comme un vent sur les eaux au commencement de la création (1:2), Dieu donne la vie à Adam en lui insufflant son haleine (2:7). L'esprit de Dieu inspire aux hommes la sagesse (p. ex. Genèse 41:38 ; Exode 31:3), la prophétie (p. ex. Nombres 11:25s ; Isaïe 61:1), des prouesses (p. ex. Juges 14:6), etc. L'expression ‘Esprit Saint', rare dans l'Ancien Testament, fréquente dans le Nouveau, est utilisée dans le même sens. C'est par la puissance créatrice de l'Esprit Saint que Marie se trouve enceinte (Matthieu 1:18), que Jésus libère les hommes des démons (Matthieu 12:22 - 32) ; c'est l'Esprit qui donne aux chrétiens de dire ‘Jésus est Seigneur' (1 Corinthiens 12:3).

En réalité, c'est surtout là où Dieu touche le monde, et en particulier la vie humaine, que la Bible et l'Église parlent de l'esprit de Dieu ou de l'Esprit Saint. C'est pourquoi l'Esprit Saint est parfois appelé ‘le doigt de Dieu'. L'Esprit Saint transforme la vie humaine. La Bible en parle souvent. St Paul dit par exemple : ‘le fruit de l'Esprit est charité, joie, paix, longanimité, serviabilité, bonté, confiance dans les autres, douceur, maîtrise de soi' (Galates 5:22 - 23). Quand nous voyons la charité, la paix, la bonté, etc. dans la vie de quelqu'un, nous voyons Dieu, l'Esprit Saint, qui le touche.

Jésus promet l'Esprit Saint

Avant sa mort, Jésus a promis que lui et le Père enverraient à ses disciples « une autre aide » (Jean 14:16 ;15 : 26). Le mot grec traduit par « aide » est PARAKLETOS. Ce mot peut vouloir dire un avocat ou un assistant pour des questions légales. Dans un contexte plus large, il signifie une personne qui donne encouragement, conseil et force. L'œuvre d'un aide est celle d'une personne.

L'Esprit Saint est Dieu

L'Esprit Saint n'est pas une simple aide, il est Dieu. L'Esprit Saint est Dieu de la même manière et au même niveau que le Père et le Fils. Différentes références à l'Esprit Saint sont interchangeables avec celles faites à Dieu (Actes 5:3-4). L'Esprit Saint est associé au Père et au Fils sur la base d'une égalité (Matthieu 28:19). Il partage la même divinité et possède les mêmes attributs que les autres membres de la Trinité tout en gardant des aspects spécifiques de sa propre personne. Il est le garant de l'unité au sein de la trinité, le lien d'amour et de communion étroite entre le Père et le Fils. Il est le Dieu qui agit, la personne qui atteste que la Parole vient du Père par le Fils.

L'Esprit Saint est une personne

Comme vous pouvez le constater, l'Esprit Saint est une personne. Il est Dieu. Cependant, il est distinct du Père et du Fils. Une division de responsabilité existe entre le Père, le Fils et l'Esprit. En quelque sorte, le rôle de l'Esprit Saint est celui d'un exécutif, de quelqu'un désigné pour exécuter les desseins de Dieu.

L'Esprit Saint le grand oublié ?

Il existe une certaine tension concernant le Saint-Esprit. Puisque Jésus-Christ est le centre de notre foi, nous pouvons facilement ignorer l'Esprit et le traiter comme s'il n'existait pas. Nous pouvons aussi aller à l'autre extrême et centraliser notre attention tellement sur lui que nous oublions que l'Esprit a été donné pour glorifier le Fils. Il est même possible d'essayer d'utiliser l'Esprit en attendant de lui ce qu'il n'a jamais dit qu'il ferait.
En réalité tout est question d'équilibre. En effet, L'Esprit Saint ne va pas sans le Christ et le Père et vis versa.

L'œuvre du Saint-Esprit

Lorsque Dieu veut agir dans notre vie, il le fait par le Saint-Esprit. Son oeuvre principale consiste à transformer les croyants en l'image de Christ. Il enseigne, instruit et conduit dans la vérité (Jn 16:13-15). Il produit le fruit de l'Esprit dans notre vie (Gal. 5:22-23) et il accorde les dons et capacités spirituels pour le service du Royaume (1 Cor. 12:4, 7,11). Dans toute l'histoire du salut, l'Esprit Saint guide les hommes :

? A la création, il participe à la création du monde, en donnant la vie à ce que le Père et le Fils ont créé (Gn 1 et 2).
? Dans l'Ancien Testament, il choisit et équipe des hommes et des femmes pour le service de Dieu, en leur accordant différents dons. De plus, il inspire les paroles des prophètes et les Ecritures.
? Dans la vie de Jésus-Christ : l'Esprit Saint conçoit Jésus en Marie. Il l'oint en vue de l'accomplissement de son ministère en harmonie avec la volonté du Père.
? Dans la vie du croyant : c'est par l'œuvre intérieure de l'Esprit Saint que le croyant est sauvé et régénéré. Il sanctifie le croyant progressivement pour que sa vie devienne de plus en plus un reflet de l'amour de Dieu.
? Dans l'Eglise : à la Pentecôte l'Esprit est donné en abondance et d'une manière permanente à l'Eglise afin d'être fidèle à l'enseignement de Christ.
? Dans le monde : aujourd'hui, l'Esprit Saint suscite des hommes de paix et de bien partout dans le monde sans distinction de religion.

Vivons de l'Esprit

En somme, par son souffle, l'Esprit Saint nous fait entrer, vivre, communier à l'Amour même de Dieu. Toute la puissance d'aimer que les hommes ont pu déployer depuis le commencement des siècles (des parents pour leurs enfants, des mamans pour leur bébé, des fiancés et des gens mariés, …), tout cela ne donne qu'une petite idée de l'Amour de l'Esprit Saint.

Cet amour est en nous et pour nous. Est-ce que nous lui permettons d'agir ? N'ayons pas peur ! Personne, mieux que l'Esprit Saint ne respecte notre liberté, sinon l'amour ne serait pas vrai, pas total. Dieu ne peut rien contre notre liberté. Il ne peut rien sans nous … ni nous sans lui. Si je n'accepte pas de me laisser conduire là où il veut, rien ne se passera. Il faut donc lui dire : « Seigneur, viens brûler mon cœur au feu de ton amour ! ». C'est à nous de décider…

D'après un article www.pasaj.ch

Un suicidé peut-il aller au Ciel ?

Un suicidé peut-il aller au Ciel ?

Le signe d'un désastre

La plupart des sociétés ont considéré le suicide comme un désastre. Même si cet acte par exemple au Japon pouvait être accompli avec courage, ce suicide était en réalité l'acte ultime d'un échec insupportable.

Le respect de la dignité humaine

Sur le plan humain, le respect de la dignité humaine, c'est le respect de toute vie humaine. Y compris la sienne. Ce qui fonde les droits de l'homme, c'est le respect de la dignité humaine ; en niant la valeur de ma propre vie, c'est le droit à la vie des plus pauvres et des plus faibles dans le monde dont je nie la valeur, la légitimité. Promouvoir les Droits de l'homme exige que l'on respecte sa propre vie.

La position des Chrétiens

Les Chrétiens ajoutent à cette réprobation la question du Ciel : s'il y a une vie après la mort, le bonheur qui nous est promis, le Ciel, ou le Paradis, la vie ici-bas a un but, " un sens ", une valeur, et l'on ne s'en va pas comme ça.

En effet personne n'a pu se donner la vie à lui-même. La vie, c'est un don extraordinaire que l'on reçoit, et les Chrétiens donnent un nom au donateur : le Seigneur Dieu.

En y réfléchissant, il n'y a pas de raison, de motif à ce don, puisque avant de le recevoir, nous n'existions pas et ne pouvions donc avoir ni valeur ni mérite. Il n'y a donc pas d'autre raison à ce don que l'amour gratuit : en donnant l'existence à un être Dieu aime déjà celui qui n'est pas encore.

Se suicider c'est donc rejeter le don absolu de la vie, c'est rejeter l'amour. C'est refuser que la vie terrestre puisse déboucher ultimement sur une vie d'amour infinie que Dieu propose. Comme si celui qui nous a appelé du néant à la vie par amour n'était pas capable de continuer son amour pour nous au delà de la vie terrestre.

Même s'il y a eu suicide, l'espérance est toujours possible

La réprobation du suicide ne veut pas dire réprobation de celui qui s'est suicidé. Si quelqu'un que nous aimons s'est suicidé, il est possible pour un chrétien d'espérer : au temps du Curé d'Ars, au 19ème siècle, une personne s'était suicidée en se jetant d'un pont dans l'eau. A la personne qui pleurait sa mort et désespérait de son salut éternel, le Saint Curé dit : "Entre le pont et l'eau, il a eu le temps de se tourner vers la miséricorde de Dieu ".

Sépulture chrétienne ?

Longtemps l'Eglise Catholique a refusé la sépulture chrétienne aux suicidés, pour marquer une réprobation sociale et spirituelle sur cet acte. Mais aujourd'hui, on s'est rendu compte que cet acte , le suicide, est un geste effectué très souvent dans un état de détresse grave. Ce état de détresse affecte gravement les capacités de discernement et la liberté.

L'Eglise considère donc qu'il est, le plus souvent , impossible de juger réellement ce qui s'est passé, par exemple à quel point le suicidé était malade psychologiquement. Avait-il les moyens de résister à cette pression vers un geste fatal ? Aussi, tout en continuant à réprouver fortement le geste en soi du suicide, l'Eglise applique la miséricorde aux suicidés et accorde la sépulture dans la plupart des cas.

Le Catéchisme de l'Eglise Catholique dit : " Lorsque des troubles psychologiques graves, l'angoisse ou la crainte grave de l'épreuve, de la souffrance ou de la torture sont en cause, la responsabilité du suicidaire est diminuée ". (CEC, 2282).

Pouvons nous prier pour un suicidé ?

Bien sûr nous pouvons prier pour le salut d'une personne qui s'est suicidée, que ce soit une personne de notre famille, un ami ou toute autre personne. Les indications précédentes, et l'exemple de ce que disait le Curé d'Ars nous incitent à ne pas juger, mais à espérer et à prier.

" On ne doit pas désespérer du salut éternel des personnes qui se sont données la mort. Dieu peut leur ménager, par des voies que lui seul connaît, l'occasion d'une salutaire repentance " ( Cat. De L'Eglise Cath., n° 2283).

Ceux qui croient et espèrent le font par la grâce de Dieu. Et ce même Seigneur Dieu qui nous a donné cette grâce nous invite à croire et à espérer pour les autres.


Par Hervé-Marie Catta, membre de la communauté de l'Emmanuel. Il anime le site 1000questions.net

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